Chez Socfin, le progrès agronomique repose sur des hommes et des femmes qui consacrent leur carrière à comprendre la terre. Daouda Kouassi, Responsable du Département d’Expérimentation Agricole à la SOGB, notre filiale de plantation d’hévéas en Côte d’Ivoire, a récemment soutenu sa thèse de doctorat en sélection génomique appliquée à l’hévéa. Ce projet de recherche a été mené avec le soutien plein et entier de la SOGB, notamment grâce à l’accès à des parcelles expérimentales, à des données de terrain, et à la possibilité de concilier recherche et responsabilités professionnelles. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur son parcours, ses travaux, et ce qu’ils représentent pour l’avenir de la culture de l’hévéa.
Qu’est-ce qui vous a attiré vers l’agriculture et la recherche agronomique, et qu’est-ce qui vous a conduit à entreprendre votre thèse de doctorat à l’Université Jean Lorougnon Guédé ?
Ma formation est en sciences agronomiques et en génétique végétale. J’ai obtenu un Master en Sciences Naturelles à l’Université d’Abobo-Adjamé, aujourd’hui connue sous le nom d’Université Nangui Abrogoua, puis un diplôme d’études approfondies en Génétique avec une spécialisation en amélioration des espèces végétales à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Avant de rejoindre la SOGB en 2015, j’ai travaillé comme Chercheur Junior au Centre Mondial d’Agroforesterie en Côte d’Ivoire, où je me suis consacré à la recherche et au développement sur le cacao.
L’agriculture est un domaine très concret. On voit l’impact direct de son travail. Je suis naturellement curieux et pragmatique, et j’aime trouver des solutions à des problèmes réels. La recherche agronomique correspond bien à cet état d’esprit : on teste, on mesure, on analyse, puis on propose des améliorations fondées sur des données objectives. La thèse a découlé naturellement de cette démarche. Elle m’a permis d’approfondir mes connaissances, de consolider mes bases scientifiques et de maîtriser des outils avancés en génétique et en analyse de données, avec pour objectif de contribuer de manière significative au progrès génétique dans la culture de l’hévéa.
Pouvez-vous expliquer vos recherches en termes simples, et pourquoi elles sont importantes pour la culture de l’hévéa ?
Ma thèse portait sur la sélection génomique. En termes simples, il s’agit d’utiliser les informations contenues dans l’ADN d’un arbre pour prédire ses performances futures, que ce soit en termes de potentiel de production ou de résistance aux maladies.
Les hévéas nécessitent plusieurs années avant que l’on puisse mesurer pleinement leurs résultats. Cette approche nous permet de prendre des décisions plus tôt et d’avancer plus vite. Elle peut représenter un gain de temps considérable dans l’identification des clones les plus performants, et contribuer à améliorer progressivement la productivité des plantations.
Quels sont les impacts concrets de ces travaux, et quelles sont vos prochaines étapes ?
L’impact principal est l’amélioration de la productivité des plantations d’hévéas. En tirant le meilleur parti des données génétiques et agronomiques, nous pouvons identifier plus tôt les clones les plus performants, ceux qui sont également bien adaptés aux conditions locales. À terme, cela se traduit par des plantations plus productives, plus résilientes et mieux préparées aux défis à venir, qu’ils soient liés au climat ou à la santé des plantes.
Pour la suite, je souhaite continuer à développer mes compétences en analyse de données et dans des outils émergents comme l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle, afin de soutenir des prises de décision plus précises et mieux éclairées. Je suis convaincu que l’avenir de la culture de l’hévéa passe par une meilleure intégration entre la recherche, les données de terrain et la prise de décision stratégique. C’est la direction vers laquelle je veux contribuer à nous orienter.
Le parcours de Daouda Kouassi reflète un engagement plus large au sein du Groupe Socfin : investir dans les personnes, construire l’expertise de l’intérieur, et relier la recherche scientifique aux réalités quotidiennes d’une agriculture tropicale responsable. Chez Socfin, le progrès sur le terrain commence par ceux qui le comprennent le mieux.


